Maintenant c’est…

Maintenant c’est…

Mon cerveau a ceci de particulier: dès qu’il a un moment de liberté (ce qui signifie que le travail se fait moins imposant), il s’excite. Il se met à s’emballer pour un rien. Il s’invente des listes de choses à faire (alors que ne rien faire, c’est bien aussi), alors quand je fais mine de l’ignorer, il persiste. Et comme je suis butée, il revient à la charge… la nuit!

Résultat: deux nuits à entendre la voix d’un personnage que vous connaissez bien, mais que vous détestez autant que vous aimez. Ce qu’il veut? À votre avis? Désolée, John, je ne veux pas raconter la suite de cette histoire! Laisse-moi dormir, tu veux? J’ai besoin de repos, moi!

Rassurez-vous. Pour le principe, j’ai quand même mis quelques notes dans un fichier, juste au cas. Mais sinon… pas maintenant!

Parce que maintenant: c’est pratiquement la fin de SOS Fantasmes (20 chapitres avant de boucler cette histoire… qui devrait faire 3 tomes vu la taille!) Sur wattpad, il y a 90 chapitres, mais j’en suis réellement à 110. Oui, ça avance!

Maintenant, c’est aussi la énième relecture de ma dark érotica après le passage de ma correctrice (qui coupe bien et qui me donne quelques fils à retordre). Avec un peu de chance, je devrais pouvoir le sortir cet été (juin ou juillet, mais ça reste encore à voir).

Et vous, votre cerveau? Il vous laisse prendre des vacances ou pas? Je peux louer le mien quelques semaines au besoin… 😉

 

15 000 fois merci !

15 000 fois merci !

Quand j’ai commencé à écrire, il y a quelques années, je n’ai jamais songé à la suite des choses. Je me souviens, après l’écriture d’Annabelle, j’ai fichu mon histoire dans un tiroir pour l’y laisser dormir pendant des mois, le mettant en lecture libre sur un simple coup de tête. Je n’avais jamais songé à l’autoédition avant que Thomas – sur Atramenta – m’en touche un mot. C’est en octobre 2012 que j’ai franchi le pas. Au fil des années, cinq textes y sont passés, dont quatre qui ont trouvés refuge dans une maison d’édition pour y vivre une seconde vie.

Moment nostalgie: vous vous souvenez de ces couvertures?

 

Désormais, seul Je reviens chez nous est disponible en autoédition, et c’est grâce à ce texte – le seul coureur en piste – si le compteur affiche désormais 15 000 exemplaires vendus. C’est un chiffre impressionnant, c’est vrai, mais il montre surtout le chemin parcouru depuis 2012 avec cinq romans sur la plateforme Atramenta (merci Thomas!) Dur à croire qu’il s’agit d’une aventure démarrée sur un coup de tête…

Cela dit, je n’oublie pas que c’est un chemin que je n’ai pas fait seule et qui n’a pas été sans embûche, mais c’est ma route et je ne la renie pas. Je compte même la reprendre bientôt.

Et pour souligner ce joli chiffre, je voulais remercier tous ceux et celles qui ont pris part à mon périple, que ce soit dès le départ ou en cours de route. Ceux qui ont osé acheter mes histoires, même si c’était de l’autoédition (à l’époque, les gens rechignaient peut-être davantage). Dans la masse de livres qui existe, c’est beaucoup. Ça fait même toute la différence. Merci!

Sinon, je soulignerai sûrement ce bel événement par un concours via ma page facebook, mais je dois encore réfléchir aux modalités et aux lots. N’hésitez pas à me dire ce qui vous ferait plaisir, histoire de m’inspirer un peu…

Mardi citation – semaine 30

Mardi citation – semaine 30

Ces temps-ci, je fais comme plusieurs d’entres vous: je profite de l’été! De ce fait, je ne suis pas très présente sur les réseaux et l’écriture est assez loin dans mes priorités. Tout ça pour dire que, ces prochaines semaines, je partagerai des extraits de textes déjà publiés. Hé ouais.

On commence avec mon petit chouchou: Annabelle. Aujourd’hui, pas de scène osée, mais une rencontre qui me fait encore sourire, et que j’ai aussi écrite du point de vue de John, à lire sur Atramenta.

Afin de réponse à la requête de Nadja, j’optai pour une robe simple et plus décontractée. Dès que ma supérieure me vit, elle approuva mon choix avec un sourire en coin et un léger signe de tête, puis fit un pas de côté pour laisser passer l’homme qui se tenait derrière elle.
— Monsieur Lenoir, laissez-moi vous présenter Annabelle Pasquier.
L’auteur entra dans mon bureau, s’avança vers moi et me tendit une main que j’acceptai mécaniquement. Nos regards restèrent accrochés pendant un bref instant.
— Annabelle, répéta-t-il.
— Monsieur Lenoir…
Il sourit.
— Appelez-moi John. Seules mes soumises sont tenues de m’appeler « monsieur ».
Il bonifia sa remarque d’un petit clin d’œil qu’il souhaitait probablement complice, mais auquel je fus incapable de réagir.
— Comme je vous l’expliquais, intervint Nadja, Anna est une éditrice confirmée. Elle est responsable de toute une collection…
Je cessai d’écouter ma présentation pour détailler ce fameux John du regard, surprise. Il était plus jeune que ce que j’avais cru. Il ne devait avoir que quelques années de plus que moi, sûrement dans la trentaine. Et il était bel homme. Trop à mon goût, d’ailleurs. Pourquoi m’étais-je imaginé un vieux libidineux, sans intérêt ? Il ressemblait légèrement à un aristocrate. Il se tenait debout, devant mon bureau, la tête fièrement relevée, et son attention dériva de Nadja jusqu’à moi.
Physiquement, il était grand, probablement sportif, car je distinguais des muscles bien fermes sous sa chemise blanche. Il avait des cheveux noirs, et quelques mèches tombaient sur son front, mais, lorsqu’il tourna de nouveau la tête en direction de ma supérieure, je découvris sa nuque fraîchement rasée.
— C’est bon, Nadja, la coupa-t-il soudain, Annabelle et moi allons faire connaissance, maintenant.
— Euh… oui. Bien sûr, oui.
Je fus étonnée de la façon dont il prenait congé de ma supérieure. J’eus même l’impression qu’il la chassait de mon bureau. Nadja posa une dernière fois les yeux sur moi, pour insister probablement sur l’importance que revêtait cette rencontre, puis quitta la pièce, me laissant seule avec John Lenoir.
D’un signe de la main, je l’invitai à prendre place, puis me réinstallai sur ma chaise avant de tirer mon carnet de notes vers moi.
— Bien, monsieur Lenoir…
— John, répéta-t-il avec un air légèrement agacé.
— John, pardon, me repris-je. Permettez-moi d’abord d’être honnête avec vous… (Il hocha la tête, visiblement heureux que je dirige la conversation.) Je suis effectivement responsable d’une collection, mais celle-ci est loin de correspondre à vos écrits. Il s’agit d’une collection destinée aux romans pour jeunes adolescentes…
Il arbora un sourire amusé.
— Rose Bonbon, oui. Nadja m’a déjà expliqué tout ça.
Dans sa bouche, le nom de ma collection sonnait de façon péjorative. Intriguée, je demandai :
— Vous avez quand même accepté de me rencontrer ?
— Vous aussi, il me semble. Je ne sais pas, je me suis dit que vous aviez peut-être envie de changer de registre ?
Mon sourire se figea un instant, puis je secouai la tête.
— Euh… non. En fait, j’ai surtout accepté pour rendre service à Nadja. (Un silence s’installa dans mon bureau.) Cela dit, poursuivis-je, sur un ton plus enjoué, j’ai été très flattée qu’elle pense à moi pour prendre le relais de Jade. Vous savez, j’ai lu vos livres avec tout le sérieux qu’il se doit…
— Le « sérieux » ? m’interrompit-il.
— Oui, bien sûr !
Comme pour lui prouver mes dires, j’ouvris mon carnet de notes, que je feuilletai devant lui. Il fronça les sourcils, essayant d’en déchiffrer des fragments. Je commençai à lui réciter le discours que j’avais préparé pendant une bonne partie de la nuit :
— La structure de vos textes est intéressante, et votre style d’écriture convient parfaitement au genre dans lequel…
Sa main s’abattit sur la feuille que je parcourais du regard avec un bruit qui me fit sursauter, et je remontai des yeux inquiets vers lui.
— Cessez de jouer les éditrices avec moi, voulez-vous ?
— Mais… c’est ce que je suis, me défendis-je.
— Si vous voulez parler de mon style d’écriture, vous le ferez sur le prochain tome. Ceux-là ont déjà été publiés.
— Euh… oui, mais c’est que…
Sous son regard réprobateur, je compris qu’il me demandait de me taire. Ma voix se tarit immédiatement.
— Dites-moi plutôt ce que vous avez pensé de mes livres.
J’eus un moment d’hésitation : que me demandait-il exactement ?
— D’un point de vue littéraire ? questionnai-je, prudente.
— Ne lisez-vous donc rien pour le plaisir ?
— Si, bien sûr, c’est juste…
— Quoi ?
— Eh bien…, c’est que… je ne lis pas… ce genre de choses en général…
Ma réponse me parut bête, mais elle sembla lui plaire. Un sourire amusé s’afficha sur ses lèvres, et il recula sur son siège pour mieux me regarder.
— Parfait, dit-il avec une voix plus douce. Je suis d’autant plus intrigué par votre opinion.
Que voulait-il ? Mon avis personnel ? Je cherchai prestement une réponse à formuler. Je ne voulais surtout pas le blesser. Après tout, les chiffres étaient sans équivoque : ils prouvaient que John L. était un auteur à succès et qu’il avait un lectorat bien établi. Il me scruta avec attention, visiblement ravi du silence qui persistait entre nous.
— Ce n’est pas mauvais, commençai-je enfin, prudemment. J’étais même surprise par la qualité de votre écriture. Je m’imaginais…
— Quoi ? Que ce serait vulgaire ?
— Non, enfin… peut-être un peu.
— Et pour le reste ? N’ayez pas peur de me blesser, insista-t-il. Je déteste qu’on prenne des gants avec moi.
Sa remarque me redonna de l’assurance.
— Je n’ai pas beaucoup apprécié, répondis-je, un peu vite.
— Je suppose que vos romans pour ados ne parlent pas de sexe.
— Pas de ce genre de sexe, répliquai-je, piquée par son attaque contre ma collection.
Il sourit plus franchement. Ma réponse lui avait-elle plu ? Essayant visiblement de maîtriser un fou rire dont je ne comprenais pas la teneur, il railla :
— Je ne savais pas qu’il y avait plusieurs genres de sexualité.
— Vous croyez que tout le monde pratique ce type de rapports ? demandai-je en montrant l’un de ses romans.
— Peut-être pas, en effet. N’empêche, on ne peut pas dire qu’un repas plus épicé que les autres ne soit pas un bon repas pour autant.
Sa comparaison, hautement simpliste, me fit réagir instantanément :
— Certains ont plus de mal que d’autres avec les épices…
— Vous, par exemple ?
Il me scruta, visiblement intrigué par ma réponse, que je retins quelques secondes.
— Un peu, dus-je admettre.
— Juste « un peu » ? railla-t-il.
Je le fusillai du regard, mais cela ne fit que le rendre de meilleure humeur.
— Au moins, vous êtes honnête, concéda-t-il. Ça me plaît. (Sans attendre, il poursuivit son interrogatoire.) En combien de temps les avez-vous lus ?
Je réfléchis quelques instants, posai les yeux sur les deux livres posés sur le coin de mon bureau en jaugeant le nombre de pages.
— Je dirais… entre quatre et six heures ?
— Hum ! Voilà qui est décevant. Voyez-vous, ce ne sont pas des livres à dévorer mais à savourer. Ils ne sont pas faits pour être lus aussi rapidement.
— Écoutez, monsieur… (Un regard noir se posa sur moi.) John, me repris-je très vite.
Il hocha la tête, comme s’il me permettait de reprendre la parole.
— Je vous l’ai dit : je ne suis pas familière de ce genre de littérature. Si j’avais su la semaine dernière que j’allais vous rencontrer, je serais probablement allée lire d’autres livres de cette collection et peut-être même des textes de vos concurrents pour essayer d’entrer dans… votre univers.
— « Entrer dans mon univers », voilà qui est intéressant, dit-il avec un rire.
— Je parle du travail, le coupai-je un peu durement. Cela consiste à comprendre la structure et l’organisation d’un texte, à détecter les forces et les faiblesses d’un récit. Ma mission est de m’assurer que votre troisième tome soit au même niveau que les deux autres.
— Quel âge avez-vous ? demanda-t-il subitement.
Je me figeai pendant plusieurs secondes, m’apercevant soudain qu’il n’écoutait pas ce que je lui disais.
— Pardon ?
— Je vous demande votre âge. Je sais que c’est indiscret, mais…
— Mais qu’est-ce que c’est que cette question ? grondai-je. Si c’est en lien avec le public cible ou le…
— C’est de la pure curiosité, m’interrompit-il. Et je pose la question parce que vous êtes une jeune femme extrêmement séduisante.
Son compliment me cloua sur ma chaise pendant près d’une minute, ce qui lui donna tout le loisir de poursuivre :
— D’ailleurs, vous avez tout faux : vous êtes exactement mon public cible.
— Vous dites ça parce que je suis une femme ?
— Quelle idée ! Vous croyez donc que les hommes ne lisent pas ce genre de livres ?
Je songeai à la question, puis secouai la tête.
— Au contraire ! Je crois justement que vos textes s’adressent aux hommes. Parce que les fantasmes que vous décrivez… sont beaucoup plus… masculins.
Son sourire se confirma, légèrement moqueur. Pourquoi ? J’étais plutôt certaine de ma réponse. Après tout, pourquoi les femmes voudraient-elles lire des scènes aussi avilissantes pour elles ?
— Vraiment ? Expliquez-moi donc cela…
Il se cala plus confortablement dans son fauteuil et croisa les jambes en me fixant avec insistance, comme s’il espérait que ma réponse soit longue et explicite. Que voulait-il entendre, exactement ?
— Oh, mais je veux bien croire que des femmes vous lisent, elles aussi, dis-je un peu vite.
Alors que j’essayais de clore la discussion, il fronça les sourcils et insista davantage :
— Allez ! Racontez-moi ! Pourquoi croyez-vous que ces fantasmes soient masculins ?
— John…, ce n’est pas le but de cette rencontre.
— Ce que vous pensez de mon travail m’intéresse, se justifia-t-il. Le fait que mes récits parlent de sexe ne change rien à cela.
— Bien sûr, seulement… Écoutez, John, ma perception est peut-être due au fait que… disons que je ne suis pas tout à fait à l’aise avec ce que vous écrivez.
Voilà, je l’avais dit. J’en étais plutôt fière d’ailleurs, même si je craignais un peu sa réaction. Pourtant, il parut de nouveau amusé par mon aveu.
— Vous n’êtes pas à l’aise ? répéta-t-il.
— Je vous l’ai dit : je fais dans la littérature pour ados.
— Je sais, je sais, dit-il avec agacement, et je suppose que cet inconfort est tout à fait compréhensible.
Ses mots me soulagèrent. Je ne l’avais donc pas blessé ? J’affichai un premier sourire franc lorsqu’il poursuivit :
— Annabelle, ce que j’aimerais savoir, c’est si cet inconfort risque de nuire à notre collaboration.
— Bien sûr que non, répondis-je avec plus de précipitation.
Il me jaugea un moment.
— Je suis quelqu’un de très exigeant.
— Je le suis tout autant, rétorquai-je du tac au tac.
Cette riposte me donna la sensation de retrouver un peu de contenance. J’en profitai pour essayer de lui sortir quelques répliques que j’avais préparées, la veille au soir :
— Écoutez, John, il est vrai que je ne connais rien à ce genre de littérature…
— Ni au BDSM. (Je me figeai, et mon regard se teinta d’incompréhension devant cet acronyme.) C’est le genre de sexualité que je pratique, expliqua-t-il.
— Ah ! Euh… oui. Ça, aussi.
Je répétai les lettres dans ma tête avant de poursuivre, tentant de reprendre un peu d’assurance :
— En revanche, je sais comment analyser la structure de vos récits et je peux aisément évaluer la qualité de votre travail par rapport à vos autres écrits.
— Hum !
Il resta un moment à réfléchir à mes paroles, et je me surpris à insister :
— Je suis une bonne éditrice, vous savez.
Il fixa longuement ma bouche.
— Je n’en doute pas une seconde.
Son regard me gênait, mais il releva les yeux pour les river dans les miens.
— Si j’accepte de travailler avec vous, poursuivit-il, allez-vous lire d’autres livres de ce genre pour vous familiariser avec… « mon univers » ?
— Bien sûr.
— Et me permettrez-vous de vous suggérer quelques titres ?
— Eh bien… oui. Si vous voulez…
Était-il en train de négocier ? D’accepter de devenir mon auteur ? Cette idée me rendit soudainement très nerveuse.
— Je risque de devoir faire votre éducation, lâcha-t-il dans un soupir las.
Je secouai la tête.
— Nous ne sommes pas ici pour parler de moi, mais de votre travail.
— Vous jugez une œuvre en fonction de ce que vous connaissez. J’ai donc besoin d’être sûr que votre jugement n’influencera pas mes écrits. Ce que je veux d’une éditrice, insista-t-il devant mon hésitation, est simple, Annabelle : qu’elle comprenne ce que je fais, qu’elle soit sincère en toutes circonstances sur mon travail et qu’elle n’ait aucun problème à parler de sexualité. (Il se pencha plus avant vers moi et m’interrogea, autant du regard que de vive voix.) Êtes-vous seulement capable de parler de sexe ?
Je fronçai les sourcils.
— Évidemment !
— Vous permettez que je vérifie ?
Il récupéra le premier tome de « Fantasmes », qu’il feuilleta rapidement, puis leva de nouveau les yeux sur moi.
— Quel est votre récit préféré dans tout ça ?
— La fellation sur le canapé, rétorquai-je sans hésiter.
— Sage, dit-il avec un large sourire. Laissez-moi deviner… Fait vécu ?
Je me rembrunis aussitôt. Je n’avais aucune envie d’admettre que certains passages de ses livres m’avaient émoustillée.
— Bien, vous avez émis vos conditions, éludai-je en évitant la question. Voici donc les miennes : je suis votre éditrice et non le sujet d’un de vos romans. À ce titre, ma vie privée ne vous regarde pas.
— Bien sûr, dit-il très vite.
— Et je tiens à préciser que je ne tolérerai aucun écart de conduite à mon endroit.
— Cela va de soi !
— Parfait.
Malgré moi, je m’étais un peu emportée. John me scruta pendant quelques secondes, puis se leva, et je fus contrainte de redresser la tête vers lui. Était-il fâché ? Non, il arborait toujours ce petit sourire suffisant. Posté devant mon bureau, il fouilla dans son attaché-case et en sortit une vingtaine de pages qu’il me tendit.
— Si vous êtes d’accord, proposa-t-il, nous pouvons faire un essai. Voici le début de mon troisième tome.
— Oh, bien… je… Merci.
Je bondis sur mes jambes pour m’emparer de la pile de feuilles, surprise de la confiance qu’il venait de me témoigner. Dès que j’y jetai un coup d’œil, il reprit :
— Permettez-moi quand même de vous offrir deux conseils. (Il s’interrompit, attendant que je lui accorde toute mon attention.) D’abord, il serait sage de vous informer un peu sur le BDSM, peut-être même avant de lire ces pages.
— Je me documenterai sur le sujet, promis-je aussitôt.
— J’ai d’excellents livres à la maison. Si vous le permettez, je vous les ferai porter par coursier avant la fin de la journée…
— Ah… eh bien… d’accord.
— Vous savez, tout cela est relativement variable. Chaque Maître a sa vision personnelle du BDSM.
Je le dévisageai, perturbée par son aveu. Venait-il de me confirmer que ses textes étaient autobiographiques ?
— De ce fait, si vous avez des questions, quelles qu’elles soient, n’hésitez pas à me les transmettre. J’y répondrai avec la plus grande honnêteté, promit-il.
Je hochai la tête d’un geste mécanique, un peu anxieuse à l’idée de travailler avec cet homme, et dans un domaine qui m’était totalement inconnu. Devant mon silence, il pointa son manuscrit du menton.
— Celui-là, j’apprécierais que vous le lisiez plus doucement. Savourez donc chacun des fantasmes qu’il évoque. Ce sont des textes qui invitent au plaisir du corps, pas juste à la lecture. Vous comprenez ?
— Je vous promets d’essayer, répondis-je simplement.
Le sourire de John s’accentua.
— Parfait !
Il scruta mon bureau pendant un petit moment, puis il se pencha pour récupérer mon crayon. Sur un coin de mon carnet de notes, il inscrivit deux numéros de téléphone, une adresse postale et son adresse mail.
— Voici comment me joindre. Si cela ne vous embête pas, j’apprécierais que vous veniez me voir chez moi pour nos séances de travail.
Je vérifiai son adresse : ce n’était pas très loin, juste à la sortie de la ville.
— Si je le peux, je le ferai, opinai-je.
— Évidemment, je suppose que, pour les premières fois, vous seriez plus rassurée si on se voyait ici.
Je haussai un sourcil. Croyait-il que j’avais peur d’aller chez lui ? S’il savait le nombre de fois où j’avais rencontré des auteurs dans des endroits plus ou moins fréquentables ! Retenant un rire, je soutins son regard sans sourciller.
— Je n’ai aucun problème à me rendre à votre résidence, mais n’oubliez pas que j’ai d’autres obligations…
— Oh, mais je suis prêt à faire certains compromis. Nous pourrions travailler dans un café à mi-chemin d’ici ? C’est que votre bureau me paraît un peu petit…
Il détailla la pièce avec attention avant de reporter son attention sur moi, probablement dans l’attente d’une réponse.
— Je vais voir ce que je peux faire, dis-je enfin.
Son sourire revint, satisfait, et il tendit une main vers moi.
— Bien, alors… je vais donc aller me remettre à l’écriture. Quelque chose me dit que vous me donnerez des nouvelles très rapidement.
Je lui serrai la main et répondis à son sourire :
— Je vous appellerai avant la fin de la semaine. Nous avons beaucoup de travail et très peu de temps devant nous.
— C’est juste, confirma-t-il. Alors au revoir, Annabelle.
— Au revoir, John.
Il s’inclina légèrement avant de quitter mon bureau d’une démarche gracieuse. Je restai là, debout, à fixer la porte qu’il avait refermée derrière lui, sans bouger. J’étais partagée entre la joie et la crainte d’avoir réussi là où deux excellentes éditrices avaient échoué avant moi : devenir la partenaire de travail de John L.

Sara Agnès L.

Annabelle 1

Concours A2

Concours A2

Pour fêter la sortie d’Annabelle 2 (parce que j’ai enfin reçu quelques exemplaires), et parce qu’il faut bien souligner les 2000 amis de ma page Facebook, voici un autre concours!

À gagner: deux exemplaires papier du tome 2 des Leçons d’Annabelle (avec la couverture québécoise, comme sur l’image). Il y aura donc une copie pour le canada et une copie pour le reste du monde.

Ça vous intéresse?

Pour participer, il suffit de remplir le formulaire en bas de ce billet. C’est tout simple!

Résultat du concours: samedi le 30 janvier 2016.

Bonne chance!

* *  Concours terminé * *

Les gagnants

camill julieQC

 

Sortie québécoise

Sortie québécoise

Et voilà, c’est aujourd’hui que la suite d’Annabelle sort sur les rayons québécois. Un texte identique à celui de la France avec une couverture légèrement différente. Je ne peux pas me plaindre! Quatre sorties pour le même roman, il faut le faire!

Vivement que je l’aie entre les mains et que je puisse le poser sur ma petite bibliothèque personnelle!

41SlEj77fwL._SX331_BO1,204,203,200_

Pour l’occasion, pas de nouveaux John-Chapitre (hé non!) Mais le début du texte, soit deux chapitres et demie (exactement que ce qui est proposé sur amazon, mais en version intégrée sur mon site). Bah quoi, il faut bien s’amuser…

Pour ceux qui ont lu ce texte, n’oubliez pas d’en parler autour de vous et de laisser un petit commentaire sur amazon, booknode et cie. Ça fait toujours plaisir!

Qui sait? Il y aura peut-être un concours?

[responsive-flipbook id= »anna2″]

De la lecture et un concours…

De la lecture et un concours…

Aujourd’hui, c’est jour de sortie pour la suite et la fin d’Annabelle. Dès le départ, sachez-le: cette suite n’était pas prévue et elle n’est absolument pas nécessaire à la compréhension du premier tome. Cela dit, elle est fort utile si on a envie de comprendre John et si on est curieux de voir quelles épreuves attendent le couple que forment Annabelle et Simon.

Mais pourquoi une suite?

Après avoir mis Annabelle en ligne, en 2010, beaucoup de gens m’écrivaient pour me parler de John. Ils ne comprenaient pas pourquoi il avait fait subir toutes ces épreuves à Annabelle. « L’a-t-il seulement aimé? » me demandait-on. Chaque fois, j’essayais de les mettre dans la tête de John. Imaginez un être qui désire le contrôle plus que tout dans sa vie, et qu’une femme vienne bousculer tout son univers. Ça, c’est John. Il essaie de garder Annabelle tout en respectant ses règles, tentant de maintenir l’équilibre de son existence, même quand tout lui échappe…

Attention! La suite ne vient pas lui donner l’absolution, loin de là! Mais elle vient jeter un autre éclairage sur ce personnage qui me tient beaucoup à cœur. Enfin bref, cette fois, c’est la fin. La vraie. Et pour souligner cette journée qui marque quand même la fin d’une belle aventure, je vous propose deux petits cadeaux…

John

Christmas tree branch with heart toysLe premier, c’est John, un texte bonus reprenant le premier chapitre d’Annabelle (le premier tome) du point de vue de…  vous l’aurez deviné: John. Non, je vous rassure, je n’ai pas l’intention d’aller plus loin que ce simple chapitre, mais je voulais, pour une fois, vous montrer ce qu’il était de l’intérieur. J’aurais aimé un chapitre plus croustillant, mais j’avoue que le temps me manque un peu, ces jours-ci, alors je suis allée au plus simple. Donc, voilà… un petit bonus! C’est sans prétention, juste pour marquer le coup…

Annabelle

Le second cadeau, c’est un autre concours: deux exemplaires français d’Annabelle [premier du nom] sont en jeu. Si vous ne l’avez pas encore lu… voilà votre chance! Comme pour le concours de l’Or et la nuit, il suffit de remplir le formulaire ci-bas et d’attendre que le chapeau magique pige deux noms mardi le 8 décembre prochain. Oui, c’est un concours éclair! Et cette fois, c’est ouvert à tous! Profitez-en!

Oh, et pour distinguer le premier du deuxième lot, j’ajouterai un joli sac Milady au premier gagnant. Je sais… c’est Noël!

concoursA1 sac

* * *

** concours terminé **