Mardi citation – semaine 37

Mardi citation – semaine 37

Cette semaine, je ferai certainement plaisir à certain(e)s en vous disant que je suis retombée dans un vieux texte non terminé. Le tapuscrit contient 350 pages et 51 chapitres dont plusieurs vont disparaître. Cette fois sera-t-elle la bonne? Vais-je enfin boucler ce (très gros) roman? Je ne peux rien promettre, mais une chose est sûre: ce ne sera pas faute d’avoir essayé!

Un petit extrait?

Je respecte les règles de Jeffrey à la lettre. Ou presque.

Je rentre et je grignote avant de filer à la douche. Je m’épile, je me crème… jamais je n’ai fait autant attention aux détails. Enroulée d’une serviette, je retourne à ma chambre et me coiffe. Je garde mes cheveux libres, un peu bouclés aux extrémités, parce que Jeffrey les préfère ainsi. Au lieu de rester nue, j’enfile le porte-jarretelles qu’il m’a offert, des bas et un soutien-gorge noir. Aucune culotte. C’est audacieux. Pas seulement ma tenue, mais le fait de ne pas lui obéir sur ce détail en particulier. Osera-t-il me punir pour ça ? Quoique… je ne vois pas comment je pourrais l’être davantage que ce soir…

Mon reflet de garce me plaît et je l’observe un bon moment, plantée devant la commode de ma chambre. J’ai souligné mes yeux de noir et j’ai l’impression que cette petite touche ajoute du caractère à mon regard. Cela plaira-t-il à Jeffrey aussi ?

Quand il rentre du travail, je suis encore en train de m’habituer à ce moi que je laisse librement s’exprimer devant le miroir. Il me cherche en parcourant les pièces, puis se plante à l’entrée de ma chambre. Sa bouche s’ouvre lorsqu’il m’aperçoit, mais sa réaction ne tarde pas :

— Je croyais avoir dit « nue » ?

Sa voix est moins ferme que d’habitude et ses yeux louchent sur ma poitrine. Est-ce parce que mon audace lui plaît ? Afin de le vérifier, je me tourne et laisse une main glisser sur ma fesse droite, libre d’accès :

— Comme tu vois, tu pourras me fouetter à ta guise.

— On voit que tu ne connais rien à rien. Les courroies risquent de te blesser et laisseront des marques sur ta peau.

Je pivote pour lui refaire face, mais je persiste à lui tenir tête :

— Qu’importent les marques, puisqu’il n’y a que toi qui les verras ? À moins que tu me préfères nue, mais…

Ma main se pose sur mon ventre et descend lentement vers le bas, taquinant ma toison qui n’est plus qu’un fin duvet grâce à mes soins. Immobile, Jeffrey suit mon geste avec un regard empreint d’envie. Je m’arrête à la frontière, tout près de mon sexe, avec une furieuse envie de me toucher. Pas seulement pour jouir, mais parce que j’aime ce désir brut que je lui inspire.

— J’avais envie de porter ton cadeau, ajouté-je en déplaçant ma trajectoire pour aller jouer avec l’attache de mon porte-jarretelles. Mais si tu préfères que je sois sans…

— Non. Garde-le, dit-il avec une voix rauque.

Sara Agnès L.

Un homme à tout faire

Mardi citation – semaine 36

Mardi citation – semaine 36

La semaine dernière, je n’ai pas pu mettre un extrait, mais comme personne ne s’en est plaint, tant pis! J’ai migré sur un nouveau serveur et puis… plein d’autres choses dont je ne peux pas discuter ici.

Cela dit, il y a du neuf, cette semaine! Un nouveau texte est en train de naître (20 000 mots déjà, ça roule!) Oh, je suis censée terminer un truc, et en relire un autre, mais… voilà quoi. L’inspiration n’a pas de balises (et ça me va très bien comme ça).

Et voilà, juste ça! Bonne lecture! Et bon mardi (en retard!)

Quand je grimpai derrière Lilou, elle attendit que je pose mes mains sur ses hanches avant de les emprisonner dans les siennes, puis elle fit glisser mes doigts le long de sa peau nue, jusqu’à son ventre. Sur le moment, je crus qu’elle tentait de raffermir ma prise autour de sa taille, puis je cessai de respirer lorsqu’elle remonta mes mains vers le haut. Le temps que je capte ce qu’elle faisait, j’avais ses seins entre mes doigts et je pris trois bonnes secondes avant de réagir en reculant prestement pour couper court à ses gestes.

— Lilou, qu’est-ce que… tu fais ? demandai-je, déjà à bout de souffle.

Alors que j’avais pratiquement bondi hors de la mobylette, elle pivota pour me jeter un regard coquin.

— Ça ne te plaît pas ? Tu as déjà touché des seins ?

Paniqué, je me sentis bafouiller :

— Je… mais… non, enfin ! Et pourquoi tu… ?

Quand ses yeux descendirent sur moi, je compris que mon corps venait de me trahir. Devant l’érection évidente qui déformait mon pantalon, je fus mortifié. Pourquoi m’étais-je éloigné d’elle ? Je n’avais rien pour masquer mon trouble !

— Hé ! lançai-je pour essayer de garder son attention sur mon visage.

Un sourire taquin apparut sur ses lèvres, puis elle remonta ses yeux vers les miens.

— Je vois que tu n’es pas gay, constata-t-elle.

— Je… et alors ?

Dès que son regard repartit vers le bas, je sentis l’angoisse me reprendre à nouveau.

— Tu n’avais pas le droit de faire ça ! jetai-je.

— Quoi donc ? Te faire toucher mes seins ? Tu ne les trouves pas jolis ?

Elle fit mine de glisser deux doigts dans l’ouverture de sa chemise en reportant un regard bizarre sur moi.

— Ils sont très doux aussi…

Mon trouble augmenta et, malheureusement, mon érection aussi. Effrayé par la façon dont elle se jouait de moi, je reculai, prêt à rentrer à pieds s’il le fallait. Il valait mieux que je parte. Je me sentais affreusement démuni devant cette fille, et le père George m’avait toujours répété que, devant la tentation, il valait mieux fuir avant qu’elle nous dévore. Et à voir l’expression de Lilou, je compris soudain très exactement ce dont il faisait allusion.

— Il vaut mieux qu’on rentre, dis-je, même si ma gorge me faisait terriblement mal.

— Tu ne me trouves pas jolie, alors ? demanda-t-elle en passant une main sur son ventre plat.

Je fronçai les sourcils.

— Lilou ! Je vais bientôt… devenir prêtre !

Je me sentis ridicule de brandir la voie que j’avais choisie comme un bouclier devant cette fille. Pourquoi ne pouvais-je pas être de marbre devant ce corps tout en formes et visiblement bien épanoui ?

— Mais tu ne l’es pas encore, me rappela-t-elle. Et peut-être que tu devrais… y réfléchir encore un peu ?

Sara Agnès L.

Soumets-moi à la tentation

Mardi citation – semaine 34

Mardi citation – semaine 34

Cette semaine, c’est boulot, boulot et boulot! Mais je veux bien partager un autre bout du projet qui m’anime ces derniers temps… mais un tout petit!

Pendant qu’elle glissa un poignet entre les serres de métal, je remarquai qu’elle frissonna. Était-ce de froid ?

— Un problème ? vérifiai-je en me postant près d’elle.

— Non, je… tu peux… fermer ?

J’emprisonnai son poignet droit en faisant glisser un bout de métal vers le bas et elle s’étendit à plat-ventre pendant que je contournais la table pour fermer la seconde menotte. Dès que le clic se fit entendre, elle avoua :

— Ça, c’est… très troublant.

— Les attaches ? demandai-je, incertain.

— Oui. Je sais que… qu’on l’a déjà fait, mais…

Elle chercha mon regard avant d’ajouter :

— On dirait que ça rend… les choses plus concrètes.

Un rire nerveux s’échappa de ses lèvres et elle poursuivit :

— Tu te rends compte que je suis… totalement à ta merci ?

Je souris et je caressai son visage du bout des doigts.

— Ta confiance m’honore Émeraude, mais n’oublie pas que tu peux tout arrêter. À n’importe quel moment.

Le souffle court, elle hocha la tête.

— Je sais.

Elle força la note pour retrouver un visage plus serein, puis fit mine de railler :

— Maintenant que je suis coincée, qu’est-ce que tu attends pour t’amuser ?

Sara Agnès L.

Rougeurs exquises

Mardi citation – semaine 33

Mardi citation – semaine 33

Parce que je suis dans de bonnes dispositions, ces temps-ci, je vous partage un tout petit bout de ce sur quoi je travaille depuis quelques jours…

Quand on cogna à ma porte, je m’empressai d’aller ouvrir et tombai face à une Émeraude portant deux nattes blondes avec un rouge à lèvres vermeil. Très vite, elle ouvrit son manteau, trop long pour cette météo, mais quand elle l’ouvrit, je faillis m’étrangler avec ma salive. Elle avait enfilé une robe rouge, aussi courte que moulante, avec des bas qui s’arrêtaient en haut des genoux, comme s’il s’agissait d’une gamine.

— Mon costume te plaît ? demanda-t-elle avec un sourire coquin.

Je n’eus pas le temps de lui répondre, car elle entra et souleva prestement sa jupette pour me montrer son string.

— Ce sera pratique, qu’est-ce que tu en penses ?

J’eus du mal à ne pas claquer la porte avant de revenir vers elle. Moi qui espérais prendre mon temps : qu’un discute autour d’un verre de vin, qu’on mange un peu avec de passer à l’action… tant pis ! J’empoignai ses fesses à pleine main et je la fis tomber tête première sur mon lit.

— Si tu voulais manger, il ne fallait pas brandir ton joli petit cul sous mon nez.

Je donnai un coup rude sur sa chair ferme et elle émit un rugissement agréable :

— Enfin !

Je retiens ma prochaine tape pour demander :

— Tu étais si pressée ?

— J’y ai pensé toute la journée, avoua-t-elle.

Sara Agnès L.

Rougeurs exquises

Mardi citation – semaine 32

Mardi citation – semaine 32

Oui, j’allais oublier le mardi citation! Alors cette semaine, on sera sage, et on passe en mode découverte avec Hugo et Thomas dans Je reviens chez nous. C’est un extrait que j’ai beaucoup aimé écrire, d’ailleurs. Ce sont des personnage qui ont encore le don de me faire sourire.

— Est-ce qu’il y a un problème, Tom ?
— Hein ?
Devant sa question, je m’arrête et pivote pour lui lancer un regard confus. Un problème ? Est-ce qu’il a remarqué quelque chose ? Non ! Mon jeans est trop serré pour qu’il puisse percevoir quoi que ce soit de ce côté ! Enfin… je crois.
Assis sur le bout de sa chaise pour me jeter un regard inquisiteur, il reprend :
— Je ne suis pas fou. Je vois bien que tu m’évites depuis quelques jours. C’est parce qu’on s’est baignés nus ? Sur le moment, je n’ai pas pensé que ça pourrait te mettre mal à l’aise. On le faisait tout le temps, à l’époque. Mais j’ai des maillots, si tu veux…
— Je… non, ce… ce n’est pas ça, lâché-je un peu vite.
— Alors quoi ? me questionne-t-il franchement. Si c’est à cause de ce que pensent les gens… et que tu préfères habiter ailleurs…
— Mais non ! grogné-je. Ça n’a rien à voir !
Il reste immobile et attend, les yeux rivés sur moi. Qu’est-ce qu’il s’imagine ? Que je vais lui dire que je bande quand il est trop près ? Que son cul et ses épaules accrochent constamment mon regard ? Que j’ai imaginé la façon dont il embrassait alors que ma langue était dans la bouche de Cathy ?
Après un soupir qui me semble trop court, je lâche :
— Quand ta mère m’a demandé si j’étais gay, t’as répondu que j’étais hétéro et que c’était évident. Pourquoi ?
Cette fois, c’est lui qui paraît surpris par ma question, et il se met à bredouiller :
— Bien… parce que… je ne sais pas. Quand on s’est revu, t’as parlé de filles, alors…
Il s’arrête brusquement, puis reprend aussitôt :
— Pourquoi ? Tu ne l’es pas ?
— Quoi ? Hétéro ? Bah… oui !
Même si j’essaie de paraître crédible, je sens que mon souffle s’emballe et ma main, qui se met à gratter derrière ma nuque, témoigne du malaise qui m’habite. Putain, quel idiot, je fais ! Comment se fait-il que je sois incapable de répondre à une question toute bête sur mon orientation sexuelle ?
— Bien sûr que je suis hétéro, reprends-je, comme si je n’avais pas été suffisamment convaincant la première fois. C’est juste que… c’est la première fois que je rencontre un gay. Enfin, non, mais… je veux dire… quelqu’un que je connais, quoi.
Un silence passe, puis sa voix résonne :
— OK. Et alors ?
— Alors rien. Enfin… peut-être que ça m’a fait réfléchir, jeté-je rapidement. Tu sais, j’ai toujours pensé que les choses étaient comme ceci, comme cela… On fait des études, on s’installe, on se marie, on fait des gamins, et puis…
Ayant laissé mes yeux dérivés un peu partout, je les relève enfin vers lui.
— Voilà que toi, t’as choisi une autre vie.
— Pas la plus facile, tu peux me croire, dit-il avec une moue pincée.
— Pas la plus facile, peut-être, mais au moins c’est la tienne. Et tu sais ce que tu veux.
— Et pas toi ?
Un peu troublé par sa question, je hausse les épaules, puis je m’explique :
— Tu sais, moi, j’ai toujours passé ma vie à me demander qui j’étais. Mon identité s’est longtemps résumée à mon nom et à la couleur de ma peau. Pour le reste, j’ai juste fait comme les autres. J’ai bu, j’ai étudié, je me suis bagarré… et je suis sorti avec des filles. Parce que c’est comme ça qu’il fallait faire…
Si j’espère que mes propos sont flous, je reste néanmoins surpris par la chaise d’Hugo qui craque lorsqu’il se dresse. Tous mes muscles se raidissent dans la crainte de son approche, mais il reste debout sans bouger.
— Es-tu en train de me dire… que tu n’es pas certain d’être hétéro ?
— Quoi ? Non ! me défends-je.
Conscient que je lui mens effrontément, je poursuis, sur une voix moins rude :
— Enfin… peut-être que… j’ai eu certains doutes.
Je comprends qu’Hugo a repris sa bouteille de bière entre ses doigts lorsque celle-ci tombe bruyamment sur le sol, mais il semble ne pas le remarquer.
— Quel genre de doutes ?
Ma nervosité augmente en flèche devant sa question. Que voulait-il savoir, exactement ? Que j’étais attiré par lui ? Mes pieds reculent maladroitement et je bredouille :
— Je crois que… qu’on ne devrait pas parler de ça.
— Tom ! Tu sais bien que tu peux tout me dire !
Anxieux devant sa requête, je m’emporte :
— Te dire quoi ? Que je me suis imaginé ce que ça ferait de t’embrasser ? Eh bien oui ! Voilà, je l’ai dit. T’es content ? Mais ça ne veut rien dire ! Absolument rien !
Comme un idiot, je m’avance de trois pas et je me plante devant lui avant de poser ma bouche sur la sienne, si vite que je ne ressens rien du tout, à part un énervement supplémentaire. Je ne sais pas pourquoi, je m’attendais à une réaction de sa part, mais il reste simplement là, à me dévisager. Quand je réalise ce que je viens de faire, je recule, et je parle vite, comme si les mots pouvaient effacer les derniers instants :
— Écoute, je suis fatigué. Il vaut mieux que… qu’on en reparle demain.
Comme un con, je lui tourne le dos, et je m’enfuis au pas de course.

Sara Agnès L.

Je reviens chez nous

Mardi citation – semaine 31

Mardi citation – semaine 31

Cette semaine, on fait un arrêt dans un huit-clos, dans un chalet perdu au milieu des bois, où une certaine Lily tombe du ciel pour sortir un écrivain en deuil de sa torpeur. Traitement choc, s’il en faut!

Allez, faisons un petit bond dans le passé avec La Muse qui n’est malheureusement plus disponible au format papier.

– Est-ce que je peux vous demander n’importe quoi ?
– Pas d’alcool avant seize heures, me rappelle-t-elle sur un ton léger.
– Et pour le reste ?
Ses gestes restent en suspens dans les airs pendant de longues secondes, puis elle baisse les bras. Les ciseaux et le peigne apparaissent devant moi avant que je ne daigne relever les yeux vers elle. Pour le principe, j’attends qu’elle me pose la question, car je sens ma nervosité qui remonte d’un cran.
– De quoi avez-vous envie, Monsieur Linden ?
Mon cœur bat dans mes tempes. Bon Dieu, qu’est-ce que je dois dire ? La vérité ? Et si elle fichait le camp ? Et merde ! Pourquoi je m’inquiète ? N’est-ce pas ce que je voulais qu’elle fasse, ce matin, justement ? Sur un ton moins assuré que je ne l’aurais voulu, je dis :
– J’aimerais… euh… voir vos seins.
Lily me scrute avec un regard vide, comme si elle n’avait pas entendu mes mots, puis elle pivote pour déposer ses outils sur ma table de cuisine. Mes oreilles bourdonnent. Qu’est-ce que je viens de dire ? Je m’attends à ce qu’elle me gifle ou qu’elle me traite de tous les noms avant de claquer la porte. Pourtant, elle n’en fait rien. Elle se contente de reculer d’un pas et je suis ses gestes pendant qu’elle descend ses petites bretelles le long de ses bras. Enfin, elle descend le haut de sa robe pour me montrer une poitrine plus voluptueuse que ce à quoi je m’attendais.
Comme un idiot, j’ouvre la bouche sous l’effet de la surprise, quand elle demande :
– Je peux continuer, maintenant ?
Mes yeux clignent à répétition avant de retrouver une voix suffisante pour lui répondre.
– Je… euh… oui.
Je reste un moment perdu dans ma contemplation de ce corps à moitié nu, sans réaliser qu’elle reprend ses coups de ciseaux alors que ses seins se promènent sous mon nez. Le doux parfum me revient et me donne envie de toucher cette peau chaude. La peau d’une femme. Si douce…
Et pourtant, je reste là, immobile, à la suivre du regard quand elle me gronde.
– La tête droite, Monsieur Linden. Autrement, je risque de vous couper une oreille.
Elle rigole, mais devant sa mise en garde, je redresse la tête et j’obéis. Je n’ai quand même plus seize ans pour dévisager une femme nue de la sorte ! Du coin de l’œil, je vois la pointe d’un sein qui tangue au rythme de ses gestes. C’est plus fort que moi, je n’arrive pas à en dévier mon attention. Quand elle m’époussette, elle revient se pencher devant moi pour vérifier de quoi j’ai l’air. Là, je vois tout. Et j’avoue que c’est drôlement joli à regarder.
Feignant d’être sûr de moi, je remonte une main et effleure la peau tendre de l’un de ses seins, mais elle recule et me dispute aussitôt :
– Monsieur Linden, vous avez demandé à voir, pas à toucher.
– Je veux toucher, dis-je, en espérant que ma requête suffise.
– Plus tard. Quand vous serez sage.
Qu’est-ce qu’elle raconte ? Ne voit-elle pas à quel point je suis sage ? J’en veux pour preuve que je n’ai rien bu depuis mon réveil et que je suis là, à lui laisser faire tout ce qu’elle veut avec mes cheveux ! Reprenant ses coups de ciseaux, elle ajoute :
– Soyez patient. J’ai presque fini.

Sara Agnès L.

La Muse