Aujourd’hui, c’est jour de couverture! Alors je vous annonce officiellement ma prochaine parution chez HQN intitulée « À moi » qui sortira sur vos liseuses le 4 mai prochain. Il s’agit d’une toute nouvelle édition de ma nouvelle « Opération séduction », revampée et rallongée (elle est deux fois plus longue qu’à l’origine). Bref, que du bon!

Pour l’occasion, je vous partage un petit extrait. Le début. Tout sage. Mais vous me connaissez, ça ne le restera pas longtemps!

Oh… et la couv qui donne un bel avant-goût! 🙂 Et le résumé aussi… juste ici!

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1. Revoir Adam

Je suis fébrile. C’est ma première semaine de fac et j’adore ça ! En plus, il fait bon dehors. Je marche lentement pour profiter du soleil. Je pensais rentrer pour lire un peu dans ma chambre, mais voilà que j’hésite. J’ai bien envie de m’installer sous un arbre.

Contrairement aux nouveaux étudiants qui cherchent encore leurs repères, j’ai un bel avantage : mon frère est ici depuis deux ans, alors je connais relativement bien l’endroit. Je me sens même plutôt à l’aise par ici…

Alors que je m’apprête à quitter le chemin bétonné qui mène aux résidences universitaires et à me diriger vers le petit parc, tout près, je me fige soudain en reconnaissant la silhouette qui marche dans ma direction.

Adam. Mon premier amour, et aussi le meilleur ami de mon frère. Mais si j’étais complètement folle de lui, à l’époque, c’est à peine si lui me regardait.

– Claire ! Hé ! Salut !

– Salut, dis-je en clignant des yeux.

C’est plus fort que moi. Ça fait quoi, six mois que je ne l’ai pas vu ? Et voilà que mon cœur recommence à faire des siennes ! Décidément ! Moi qui croyais que ce béguin avait fini par s’estomper…

– Alors t’es à l’université, maintenant ? C’est chouette, lâche-t-il.

Un peu étonnée de le voir là, je bafouille :

– Mais… je pensais que tu avais arrêté l’école ?

Je suis gênée de lui rappeler cette information. C’est William, mon frère, qui m’a appris que le père de son ami est décédé d’une crise cardiaque, il y a quelques mois, et qu’Adam a choisi d’arrêter ses études pour pouvoir s’occuper de sa mère et de sa sœur.

– Ouais, dit-il en se grattant l’arrière de la tête. J’ai fait une pause pendant un semestre, mais je suis de retour. Et vu le retard que j’ai pris, j’ai intérêt à bien bosser, cette année.

Je le dévisage et repère immédiatement chaque infime changement depuis la dernière fois que je l’ai vu. Ses bras sont plus développés ; son T-shirt blanc lui moule le torse et on devine ses muscles. Ça le rend vraiment sexy. Ses cheveux ont dû être coupés il n’y a pas longtemps, alors que sa barbe semble avoir deux ou trois jours.

Quand j’ai commencé à le voir autrement que comme un copain, je n’avais que quinze ans. Et lui, du haut de ses dix-huit ans, il me paraissait déjà être le petit ami idéal, pas seulement parce qu’il était sympa et qu’il insistait souvent pour que je puisse jouer avec mon frère et lui, mais parce qu’il avait un charme fou : des cheveux en bataille, un corps de sportif et un sourire à faire tomber toutes les filles. Et des filles, ce n’était pas ce qui manquait autour de lui. Et moi, en grande timide, je ne faisais définitivement pas le poids.

Quand mon frère et lui sont partis pour leur première année à l’université, je ne l’ai plus croisé qu’en de rares occasions. Il était loin et, d’après ce que me disait mon frère, il profitait bien de la vie sur le campus. En d’autres termes : il étudiait davantage la biologie féminine que la chimie organique.

Malgré le temps qui avait passé depuis notre dernière rencontre, devant Adam, mon cœur se remet à battre la chamade. Comme avant.

Consciente de rester là, à le dévorer du regard, je m’empresse de dire :

– Je suis désolée pour ton père.

– Ah. Merci. J’ai reçu ta carte, mais… euh… avec tout ça, j’ai été plutôt occupé.

– Oui. Je comprends.

En fait, je suis déçue qu’il n’ait même pas pris la peine de m’envoyer un petit mot pour me remercier.

Alors que nous discutons, une blonde pulpeuse se plante à côté de moi et lance un regard aguicheur en direction de mon interlocuteur.

– Salut Adam, susurre-t-elle.

– Salut Alice.

Les yeux de l’homme sur lequel je fantasme depuis mon adolescence s’attardent sur elle avant de revenir vers moi.

– Bon alors… tu es inscrite en quoi ?

Aussitôt, la blonde fiche le camp et je ressens une pointe de triomphe d’être parvenue à retenir l’attention d’Adam pendant plus de cinq minutes. Je réponds aussitôt à sa question, peut-être un peu trop vivement :

– En littérature.

– Ah. Ouais, dit-il en riant. Ton frère m’en a parlé, il me semble. Une future prof, hein ? Ça ne m’étonne pas de toi ! Tu as toujours été studieuse !

« Studieuse » ? Moi ? Si seulement il savait que c’est lui que j’ai le plus étudié chaque fois que je l’ai vu. Lorsqu’il jouait aux jeux vidéo avec mon frère, je faisais mine de lire mais en fait, je contemplais ses mains. Et j’ai dû fantasmer un million de fois sur sa bouche, bien pleine, que j’imaginais sur la mienne. Et pas seulement là, d’ailleurs…

À moitié perdue dans mes réflexions, je souris bêtement et je laisse mon regard glisser sur ses bras.

– Tu t’entraînes toujours, on dirait, dis-je sans réfléchir.

– Hein ? Ah, oui. Et j’ai réintégré l’équipe de foot.

– Cool.

– Claire !

Le cri de Josée, ma colocataire, me sort de la contemplation excessive du torse d’Adam et je suis déçue quand je vois qu’il la regarde d’un air intéressé. Il faut dire qu’elle attire tous les regards avec ses cheveux blonds, que je soupçonne d’être teints, ses seins plantureux et ses lèvres peintes en rouge vif. Si, niveau lèvres, je la bats à plate couture, je n’ai malheureusement que la moitié de sa poitrine qu’elle met bien en évidence avec des T-shirts moulants.

– Ouh là ! Encore un frère ? me questionne-t-elle devant Adam.

– Euh… non. Voici Adam. C’est un ami de William.

– Dis donc, t’es mignon, toi ! Tout compte fait, on va bien s’entendre, toi et moi, dit-elle en me donnant un coup de hanche.

Vu la façon dont elle scrute Adam, je ne suis pas du tout d’accord. Dire que je viens juste de retrouver le gars de mes rêves ! La dernière chose dont j’ai envie, c’est que ma colocataire me le pique !

– J’allais rentrer, dis-je en espérant qu’elle cesse de le bouffer des yeux.

– On est au pavillon C. Chambre 408, lâche-t-elle avant de m’entraîner en direction du bâtiment.

Sara Agnès L.

À moi

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