Aujourd’hui, j’ai envie de vous présenter Oli, mon salaud. Évidemment, je ne vous montre pas son plus joli côté, mais une chose est certaine: sa rencontre avec Amy n’est pas de tout repos!

— Garde ton numéro pour une autre, je ne suis pas d’humeur.
Alors que je m’apprête à lui tourner de nouveau le dos, il m’en empêche en posant une main sur mon genou et se colle un peu plus à moi. Son corps se glisse entre mes cuisses de façon intrusive. Et pourtant, je reste là, à le dévisager pendant que quelques mèches de cheveux tombent sur son œil gauche.
— Allez, arrête tes histoires, dit-il en se penchant pour que je l’entende mieux. Il est presque deux heures du mat. Tu es là, seule au bar, en train de boire ce truc infect, alors ne me fais pas croire que tu n’espères pas finir ta soirée par une bonne baise.
Je lâche un rire amer.
— C’est ça, ouais. Et avec toi, évidemment.
— Pourquoi pas ? Je suis beau, doué, et je peux te promettre une virée au septième ciel.
Alors que j’essaie de lâcher un autre rire, il s’avance d’un pas, toujours entre mes cuisses qui s’écartent naturellement. Debout, il me surplombe et son sourire charmeur me fait frissonner pendant que j’essaie de retrouver mes esprits. Je ne veux pas de ce type. Je ne veux pas me retrouver à fixer un plafond pendant qu’on me prend sans me donner le moindre plaisir. Je veux juste boire et m’effondrer avec une bonne gueule de bois.
Lorsque la main de l’inconnu glisse de mon genou à ma cuisse, je sursaute et retiens son geste.
— Hé !
Il s’arrête et me jette un regard sombre.
— Écoute, poupée, je suis bon joueur, je te montre que je vaux le coup. Donne-moi cinq minutes, top chrono, et on pourra enfin passer aux choses sérieuses.
Je le fixe sans comprendre. Qu’est-ce qu’il raconte, celui-là ? Possible que mon esprit soit trop embrouillé pour comprendre ce dont il me parle, mais sa main, elle, parvient sans trop de mal à s’échapper de la mienne et remonte prestement entre mes cuisses. Je sursaute et le repousse, choquée par son intrusion.
— Qu’est-ce que tu fiches ?
— Je vais te branler, dit-il comme si c’était tout à fait normal. Comme ça, tu verras ce que je vaux.
Il me fixe et attend. Quoi ? Parce qu’il espère une confirmation ? Je cligne des yeux avant de lâcher un rire nerveux.
— Et tu comptes me faire ça… ici ?
— Je suis un type créatif. J’ai l’habitude des situations particulières…
Son bras libre m’enserre et il me plaque contre lui pendant que ses doigts cherchent à remonter sous ma jupe. Je n’ai plus l’envie ni la force de le repousser, et je fonds un peu entre ses bras, en tentant encore de protester mollement.
— Mais…
Dès qu’il atteint mon clitoris, au-dessus de ma culotte, je sursaute contre lui et balaie ce qui nous entoure du regard. Il est vraiment sérieux ?
— Tu es fou ? On pourrait nous voir ! dis-je très vite.
Sa jambe remonte entre mes cuisses, coinçant sa main contre mon sexe et il se met à me caresser franchement. Bon sang ! Il sait vraiment y faire ! Même s’il est par-dessus mon sous-vêtement ! Retrouvant un semblant de raison, je secoue la tête.
— On ne peut pas… ici !
Ma voix s’emballe. Mince ! Comment arrive-t-il à me donner autant de plaisir en si peu de temps ?
— Personne ne regarde, me rassure-t-il en donnant quelques coups de bassin vers moi, frottant du même coup ses doigts contre mon sexe en feu. Les gens sont saouls. Ils n’en ont rien à foutre de nous.
Je vérifie ses dires, l’esprit embué par le plaisir bien plus que je ne voudrais l’admettre. Même en cherchant bien, je ne croise aucun regard. À quelques pas d’ici, les gens dansent sur une musique répétitive. Je sursaute de plaisir contre cet inconnu lorsqu’il accélère la cadence et ma main s’accroche prestement à sa nuque. Je le scrute, étonnée, tandis qu’il me dévisage avec un air satisfait. Mince ! Mon corps devient affreusement docile. Dans un spasme agréable, je le griffe par mégarde et lui envoie un regard paniqué. Je ne peux pas croire que je vais jouir, comme ça, devant tout le monde. Surtout sous les doigts d’un sale petit prétentieux !
— Oh, poupée, je sens que ça vient…, me nargue-t-il.
Je ferme les yeux et ravale le gémissement que je sens grimper dans ma gorge.
— Tu es un petit volcan, toi… je le sens, dit-il encore.
— Ta gueule !
Ma voix a résonné comme une plainte bien plus que comme une insulte. Je me penche vers lui, m’accroche à son cou comme à une bouée de sauvetage. Je tangue, et ça n’a rien à voir avec l’alcool. Ce type va me donner un orgasme et je n’ai pas la moindre envie qu’il s’arrête. Dès que je lâche un premier râle, il écrase sa bouche sur la mienne pour me faire taire. Il me serre plus étroitement contre lui pendant que je perds la tête. Sans réfléchir, je réponds à son baiser et mords sa lèvre inférieure en étouffant mon cri. C’est divin !
— Oui… un petit volcan, confirme-t-il dans un rire près de mon oreille.
Agacé par son ton, je retrouve contenance avant de le repousser. Devant moi, l’homme se lèche la lèvre que je viens de mordre en arborant un petit air suffisant. Bordel ! Il m’a eue. Et il m’a offert un orgasme en un temps record en plus !
Je referme prestement les jambes avant de pivoter en direction du bar. Mais qu’est-ce qu’il m’arrive ? Je suis folle ou quoi ? J’ai laissé ce parfait inconnu me toucher de la sorte, devant tout le monde !

Sara Agnès L.

Contrat avec un salaud

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