Comme demain, c’est encore jour de sortie (je sais, je gave à force), voici un petit extrait de mon salaud. Celui-ci, c’est du tout neuf!

— Une seule baise, et après, tu ne me touches plus, on est bien d’accord ?
Le regard d’Oli descend sur ma tenue et je le vois hausser les sourcils tandis qu’il contemple mes jambes.
— Une baise, c’est peut-être un peu serré, dit-il enfin, mais tu jouis vite et je suis plutôt balèze pour récupérer, alors… je suppose que j’en aurai assez avec une ou deux heures.
Il sort son téléphone de la poche arrière de son pantalon et jette un coup d’œil sur l’heure.
— On baise jusqu’au repas, je paie la pizza, et on s’en refait un tour juste avant que tu signes ton contrat, ça te va ?
Étonnée par sa façon d’aborder son emploi du temps de la journée, je reste figée, à le fixer comme s’il m’avait parlé dans une autre langue. Pour sa part, il range son téléphone et me sourit, à croire qu’il est déjà persuadé que je vais accepter son offre. Et je dois avouer qu’après ce qu’il m’a fait, j’en ai bien envie. Alors que je suis sur le point de le laisser entrer chez moi, il ajoute soudain :
— Ah… un dernier truc : je voudrais que tu me suces.
Je me raidis sur le seuil de mon appartement et je bafouille :
— Je… quoi ?
— Ta bouche est jolie et j’ai envie de la sentir autour de ma queue, explique-t-il avec un calme déstabilisant. Généralement, je me fiche un peu de tout ça, mais si on continue à se voir, quelque chose me dit que je vais le regretter si je n’y ai pas eu le droit au moins une fois.
Retrouvant un peu de fierté, je peste :
— Pas question. Je ne fais pas ça à n’importe qui.
— Oh, allez quoi ! Je te rends la pareille, si tu veux !
— Je suis sérieuse : pas de pipe. Tu fais ce que tu veux avec ta bouche, mais pas moi.
— Tu as peur de ne pas être assez douée ? Je te montre, si tu veux.
— C’est non. À prendre ou à laisser.
Il me jauge du regard et je le soutiens sans sourciller. Il s’imagine peut-être que je vais changer d’avis, mais sur cette question, il se trompe royalement.
— OK, je m’en remettrai, lâche-t-il enfin.
Au lieu de me soulager, sa réponse me rend drôlement nerveuse. Il accepte ? Ça veut dire qu’il va me baiser ? Là ? Tout de suite ? Posant une main sur le cadre de la porte, il se penche vers moi, son visage tout près du mien.
— Et maintenant ? Tu me laisses entrer ?
La voix un peu tremblante, je demande :
— Qui me dit que tu ne vas pas me refuser le boulot une fois que tu auras eu ce que tu veux ?
— Ça, c’est ton genre, poupée, pas le mien.

Sara Agnès L.

Contrat avec un salaud

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