Parce que je n’ai pas beaucoup d’inspiration, ces temps-ci, je vous envoie un bout de ma Zoé. Et elle est aussi coquine que vilaine, aujourd’hui.

Je me sens frivole. Je sais que je suis mariée et que j’ai un amant, mais si Philippe n’était pas le patron de la boîte où je travaille, je crois que je me laisserais tenter par une aventure avec l’un de mes collègues. Je ne sais pas pourquoi, mais depuis que j’ai un amant, tous les hommes sont devenus des proies potentielles. Il me plaît d’imaginer des scénarios avec eux : Sylvain qui me baise sur sa table de travail en sachant pertinemment que n’importe qui pourrait nous surprendre dans la pièce, Nathan me convoque à son bureau pour me demander de lui faire une fellation. Malheureusement, la sonnerie du téléphone finit toujours par me ramener à la réalité et moi, je soupire en comptant les jours qui me séparent de ma prochaine rencontre avec Vincent.

— Zo, tu me files un coup de main, s’il te plaît ?

Je rejoins Sylvain, concentré sur sa machine, qui me demande de lui tenir le disque dur de l’appareil pendant qu’il le stabilise. Je me glisse près de lui et je glisse innocemment ma croupe sur le devant de son pantalon :

— Comme ça ?

Je joue les idiotes en tenant le disque dans le mauvais angle et il doit guider ma main entre les fils pour me donner la position. J’aime quand il se presse davantage, s’excusant constamment de notre intimité alors que je garde la croupe bien tendue dans sa direction. Ça me plairait de sentir son érection. J’admets que je suis curieuse de pouvoir jauger de la taille de son sexe.

— T’as changé de parfum, toi ? me demande-t-il en me jetant un regard rapide.

— Je ne sais pas. Ça te plaît ?

Je glousse comme une idiote pendant qu’il glisse son nez à la base de ma nuque. Son souffle parcourt doucement ma peau avant que sa réponse ne fuse :

— J’adore.

Il me fixe un moment, le visage à proximité du mien, puis il détourne la tête en s’excusant comme un imbécile. Il s’éloigne de moi, se penche à nouveau sur l’ordinateur en morceaux. Mon cœur bat à tout rompre. Le salaud ! Pendant un instant, j’ai cru qu’il allait m’embrasser !

Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai une soudaine envie de le séduire. C’est comme un feu qui se déclenche dans mon ventre et qui me fait entrevoir un tas de manœuvres pour parvenir à mes fins. Pendant qu’il est concentré sur l’ordinateur, je laisse tomber quelques pièces sur le sol et je m’empresse de m’y jeter. Sylvain est alerté par le bruit, devient livide en percevant ce qui se passe et me gronde aussitôt :

— Zoé, fait attention !

À genoux devant lui, je lui sers un regard angélique, la bouche à la hauteur de son sexe. Il se fige une seconde, me scrute en silence. Je crois qu’il se doute de quelque chose, mais il ne fait rien. Il se contente de bafouiller :

— Est-ce que… t’as toutes les pièces ? Parce que…

— Je ne sais pas. Il manque combien de vis ?

Il bascule son regard sur la table, essaie de repérer les pièces manquantes avant de jeter :

— Euh… deux. Enfin… je crois.

Je lui tends ma prise : deux outils et une vis qu’il dépose sur la table de travail pendant que je fais mine de poursuivre mes recherches.

— C’est pas grave hein. On en a des vis !

Il me tend une main que j’accepte et il m’aide à me relever. Je fais mine de perdre l’équilibre contre lui, mais il soupire avant de se remettre au travail.

— Bon, là… il faudrait vraiment que je finisse cet ordi.

— OK.

S’il n’en tenait qu’à moi, je le tâterais à travers son pantalon, mais je ne suis pas certaine qu’il oserait me baiser. Surtout que notre bureau est un vrai moulin : tout le monde y entre et sort sans frapper à la porte.

Sara Agnès L.

Les caprices de Zoé