Cette semaine, je ferai certainement plaisir à certain(e)s en vous disant que je suis retombée dans un vieux texte non terminé. Le tapuscrit contient 350 pages et 51 chapitres dont plusieurs vont disparaître. Cette fois sera-t-elle la bonne? Vais-je enfin boucler ce (très gros) roman? Je ne peux rien promettre, mais une chose est sûre: ce ne sera pas faute d’avoir essayé!

Un petit extrait?

Je respecte les règles de Jeffrey à la lettre. Ou presque.

Je rentre et je grignote avant de filer à la douche. Je m’épile, je me crème… jamais je n’ai fait autant attention aux détails. Enroulée d’une serviette, je retourne à ma chambre et me coiffe. Je garde mes cheveux libres, un peu bouclés aux extrémités, parce que Jeffrey les préfère ainsi. Au lieu de rester nue, j’enfile le porte-jarretelles qu’il m’a offert, des bas et un soutien-gorge noir. Aucune culotte. C’est audacieux. Pas seulement ma tenue, mais le fait de ne pas lui obéir sur ce détail en particulier. Osera-t-il me punir pour ça ? Quoique… je ne vois pas comment je pourrais l’être davantage que ce soir…

Mon reflet de garce me plaît et je l’observe un bon moment, plantée devant la commode de ma chambre. J’ai souligné mes yeux de noir et j’ai l’impression que cette petite touche ajoute du caractère à mon regard. Cela plaira-t-il à Jeffrey aussi ?

Quand il rentre du travail, je suis encore en train de m’habituer à ce moi que je laisse librement s’exprimer devant le miroir. Il me cherche en parcourant les pièces, puis se plante à l’entrée de ma chambre. Sa bouche s’ouvre lorsqu’il m’aperçoit, mais sa réaction ne tarde pas :

— Je croyais avoir dit « nue » ?

Sa voix est moins ferme que d’habitude et ses yeux louchent sur ma poitrine. Est-ce parce que mon audace lui plaît ? Afin de le vérifier, je me tourne et laisse une main glisser sur ma fesse droite, libre d’accès :

— Comme tu vois, tu pourras me fouetter à ta guise.

— On voit que tu ne connais rien à rien. Les courroies risquent de te blesser et laisseront des marques sur ta peau.

Je pivote pour lui refaire face, mais je persiste à lui tenir tête :

— Qu’importent les marques, puisqu’il n’y a que toi qui les verras ? À moins que tu me préfères nue, mais…

Ma main se pose sur mon ventre et descend lentement vers le bas, taquinant ma toison qui n’est plus qu’un fin duvet grâce à mes soins. Immobile, Jeffrey suit mon geste avec un regard empreint d’envie. Je m’arrête à la frontière, tout près de mon sexe, avec une furieuse envie de me toucher. Pas seulement pour jouir, mais parce que j’aime ce désir brut que je lui inspire.

— J’avais envie de porter ton cadeau, ajouté-je en déplaçant ma trajectoire pour aller jouer avec l’attache de mon porte-jarretelles. Mais si tu préfères que je sois sans…

— Non. Garde-le, dit-il avec une voix rauque.

Sara Agnès L.

Un homme à tout faire