06

Goût chocolat

J’atteins la maison sans qu’Hugo tente de me retenir. Suis-je soulagé ou déçu ? Je ne sais pas. Dans tous les cas, je me sens ridicule. Pourquoi lui ai-je parlé de cette attirance, aussi ? Et qu’est-ce que j’imaginais ? Qu’il ressentait la même à mon égard ? Ce n’est pas parce qu’il est gay que je suis forcément son type !

— Thomas, attends !

Je suis au bas de l’escalier, prêt à monter dans ma chambre, lorsqu’il me rattrape. Enfin, presque. Il est quand même plusieurs pas derrière moi, et il s’arrête à la seconde où je pivote pour reporter mon attention sur lui.

— Quoi ? jeté-je, un peu rudement.

— Depuis quand tu… tu penses à ça ?

— Je ne sais pas. Depuis quelques jours, je crois.

Un silence passe, ce qui ne m’aide pas à rester calme. J’ai envie de reprendre mes pas, de grimper cet escalier et de claquer la porte derrière moi, mais je reste bêtement planté là et je croise les bras pour lui montrer que je m’impatiente.

— T’as qu’à le dire que je suis ridicule ! m’énervé-je. Si tu crois que je ne le sais pas !

— Mais… non !

Son cri me surprend, mais je suis d’autant sous le choc de le voir s’approcher de moi. Pas assez pour pouvoir m’embrasser, mais suffisamment pour que son regard me mette mal à l’aise.

— L’autre soir, tu m’as demandé comment j’ai su que j’étais homosexuel, tu te souviens ?

Sa question me déplaît. On dirait qu’il tente de changer de sujet. Ce que j’aimerais savoir, c’est si je suis son type ou… si ce que j’ai fait risque de nous éloigner, lui et moi. Devant l’attente qu’il instaure, je finis par hocher la tête.

— Il y a six ans, j’étais amoureux de toi, annonce-t-il.

Je le dévisage, incapable de croire que ce soit possible. Hugo ? Amoureux de moi ? Non ! Je l’aurais su, pas vrai ?

— Je l’ai surtout compris quand tu es parti. Je ne te dis pas combien j’étais triste. Au début, je me disais que c’était parce que je perdais mon meilleur ami, mais… il y avait plus que ça. Je refusais seulement de le voir.

Mécaniquement, ma main cherche un support, et je me retrouve à me retenir à la rambarde de l’escalier. À croire que je me prépare à le fuir. Est-ce le cas ? Je ne sais pas. Autant être prêt à déguerpir au besoin. Est-ce que nous aurions dû éviter d’aborder ce sujet ? Cela ne risque-t-il pas de tout briser entre nous ? Pourquoi il a fallu que j’ouvre ma gueule, aussi ?

— Évidemment, les choses ont changées, s’empresse-t-il d’ajouter. Aujourd’hui, je ne suis plus le même et… euh… toi non plus.

Je reste planté là, en silence, à essayer de voir ce qui a tellement changé chez moi, mais son visage devient rouge et il hésite avant de jeter :

— Mais… si tu veux qu’on s’embrasse… juste pour vérifier si… pour voir, quoi.

Mon cœur se remet à cogner dans ma poitrine et tous mes muscles derrière la nuque se tendent. Est-il vraiment en train de m’offrir un baiser ? Un vrai baiser ? Avec la langue ? Dans un rire trouble, je dis :

— T’es sérieux ?

— Ouais… enfin… si tu veux. T’es pas obligé de…

— Je veux, ouais !

Ma réponse est un peu vive. À croire qu’elle est sortie toute seule. Cela semble soulager Hugo qui retrouve un sourire éclatant. En trois enjambées, il est devant moi. Si proche que j’ai la sensation qu’il va m’embrasser sur-le-champ, mais il n’en fait rien. Pourtant, il respire fort. Possible qu’il soit aussi nerveux que moi. Ou pas. Après tout, lui, il a déjà embrassé des gars.

Ses yeux se rivent aux miens. Il me scrute, probablement à la recherche d’un doute quelconque. Moi, j’attends. Mon regard tombe sur sa bouche et je l’imagine déjà sur la mienne. Qu’est-ce qu’il attend ? Est-ce qu’il espère que je fasse les premiers pas ?

— Tu sais… ça fait un bail que je rêve de ça, m’avoue-t-il dans un murmure.

Un peu maladroitement, je m’approche de lui pour lui montrer mon impatience. Ses lèvres viennent à la rencontre des miennes, m’embrassent rapidement, puis il recule pour vérifier ma réaction. J’ai à peine eu le temps de fermer les yeux que je dois les rouvrir pour voir ce qu’il fait.

— C’est tout ? questionné-je.

— Non, je… je voulais juste être sûr que…

Ma main relâche la rambarde et je m’accroche à sa nuque pour le ramener vers moi. Cette fois, j’écrase ma bouche sur la sienne et je l’embrasse sans oser y glisser ma langue. Je suis déjà à bout de souffle, nerveux, excité, surtout quand ses bras se glissent derrière mon dos. Hugo répond à mon baiser et sa langue se glisse enfin près de la mienne. Nos corps se collent, nos bouches s’unissent et ce qui était doux devient fougueux. Je me sens repoussé jusqu’au mur derrière moi, tout au pied de l’escalier. Là seulement, il s’arrête de nouveau, et me questionne, essoufflé :

— Encore ?

J’ouvre les yeux. Je me sens fiévreux de ce premier contact. Mes mains cherchent à le ramener plus près. Il sourit, et au lieu de revenir m’embrasser, il lèche ma lèvre inférieure, puis vient la mordiller. Quand il la relâche, elle me picote, et je m’impatiente de retrouver sa bouche. Il étouffe un rire et l’une de ses mains caresse mon visage pendant qu’il me dévisage, heureux.

— J’ai l’impression de rêver.

— Moi aussi, dis-je.

Peut-être qu’il voudrait qu’on discute, mais tout ce à quoi je songe, c’est qu’on recommence. J’étire mon cou pour reprendre notre baiser. Il me laisse faire en gardant les yeux ouverts et répond à mon geste. Quand il se décide à fermer les yeux, sa bouche reprend de la fermeté et il m’embrasse si rudement que ma tête se cogne contre le mur. Enfin ! C’est exactement le baiser que j’espérais ! Sa barbe m’écrase, me gratte, ses lèvres sont fermes et douces contre les miennes. Subtilement, il frotte son corps sur moi et je sens sa main qui glisse sous mon t-shirt, me caresse le ventre avant de couper court à notre baiser.

— Tom, peut-être qu’il vaudrait mieux…

Ses doigts descendent plus bas, et il affiche un air surpris lorsqu’il découvre l’érection qui pousse sous mon jeans. Il a un moment d’hésitation. Moi aussi. Je suis gêné qu’il ait remarqué ma queue tendue, et visiblement, je ne suis pas le seul. Un peu troublé, je bafouille :

— Ce n’est pas comme si… je pouvais contrôler ça.

Il a un petit rire et il frotte son corps contre le mien jusqu’à ce que sa propre érection me soit perceptible. Je reste un moment perdu devant ce constat. L’embrasser, c’est une chose, mais toucher le corps d’un homme, je ne sais pas… enfin… j’ai bien envie de lui retirer son t-shirt pour pouvoir contempler sa peau, mais… pour le reste…

— Je ne suis pas sûr d’être prêt pour… euh… tout ça, lâché-je, un peu nerveux.

Son corps s’éloigne du mien. Pas beaucoup, juste assez pour qu’on ne se touche plus. En complète contradiction avec mes paroles, je le retiens contre moi et j’ajoute, anxieux à l’idée d’avoir tout fiché en l’air :

— Mais j’aimerais qu’on s’embrasse encore.

Il sourit, puis revient contre moi pour reprendre possession de ma bouche. Je me sens soulagé, grisé par ses baisers, et je ne déteste pas la façon dont son corps s’écrase contre le mien. Même son érection ne me déplaît pas. Tant qu’il n’insiste pas pour que je la touche…

Plus je l’embrasse, plus je me sens à l’aise pour promener mes mains sur lui. De sa nuque, je glisse sous les manches de son t-shirt pour venir lui caresser les épaules et l’arrière du dos. Puis je vais franchement sous le vêtement pour toucher son ventre. Mon geste lui plaît, car je le sens qui contracte ses muscles et il gémit contre ma bouche.

Quand ses lèvres dérivent vers mon cou, il ne se prive pas de me toucher, lui aussi. Je ferme les yeux et je le laisse faire. Sa main revient sur le devant de mon jeans, caresse ma queue à travers le tissu, et je me surprends à me frotter contre lui.

— J’ai envie de te toucher, souffle-t-il.

Je ravale une plainte, parce que j’ai la même envie, moi aussi. Pourtant, j’ouvre les yeux et je me mets à réfléchir avec difficulté. S’il me touche, est-ce qu’il faudra que je lui rende la pareille, par la suite ? Ça me gêne de toucher un sexe d’homme, déjà que ça ne m’a jamais vraiment plu de toucher celui d’une femme… Peut-être remarque-t-il le dilemme qui m’anime, car pendant qu’il entreprend d’ouvrir ma braguette, il ajoute :

— Je ne te demanderai rien. Je veux juste… te voir jouir.

Quand ma queue bondit à l’air libre, ses doigts s’enroulent autour d’elle et il descend les yeux pour y jeter un œil, visiblement ravi de ce qu’il vient de trouver dans mon caleçon.

— En voilà une jolie pièce !

Il me branle doucement, dans des gestes lents, comme pour prendre conscience de la longueur qu’il tient entre ses doigts, puis il s’arrête et cherche à me retirer mon t-shirt.

— Je veux te voir.

Je lève les bras pour lui faciliter la tâche, impatient qu’il revienne poser ses doigts sur mon érection, mais à la seconde où je me retrouve le torse nu, j’attaque son propre chandail.

— Moi aussi, je veux te voir, dis-je, en remontant son vêtement vers sa tête.

Il rigole, me laisse le dénuder sans aucune gêne. Pour cause ! Qu’est-ce qu’il est sexy ! Quand ses doigts reviennent sur ma queue tendue, il se colle sur moi et j’observe nos peaux qui se frôlent. La sienne est bronzée, la mienne, basanée. Quel étrange contraste. Alors qu’il recommence à me masturber, il embrasse mon épaule et la lèche en descendant vers le centre de ma poitrine.

— J’ai toujours eu envie de vérifier si tu avais le goût du café, dit-il en relevant les yeux vers moi.

Bercé par ses gestes qui se font de plus en plus rythmés, je peine à lui répondre, dans un rire trouble :

— Idiot !

Sa langue remonte vers mon menton et il termine en embrassant furtivement ma bouche.

— Ça te gêne que je goûte ? me demande-t-il encore.

Je secoue la tête sans prendre le temps de répondre de vive voix. Tant qu’il continue de frotter ma queue entre ses doigts, je me fiche de ce qu’il fait. Et en réalité, je crois que ça m’excite quand il promène sa langue sur mon torse. Lorsqu’il repart vers le bas et qu’il se retrouve à genoux devant moi, j’ouvre mes yeux qui se sont subitement fermés, puis je comprends le sens de sa phrase, surtout quand ma queue se retrouve plongée dans une bouche bien chaude.

— Hugo ! Qu’est-ce que… tu fais ?

Il m’enveloppe complètement, puis se retire avant de relever la tête vers moi.

— Je te goûte, m’explique-t-il tout bonnement.

Sa bouche revient masquer ma queue. Elle est grande, on dirait qu’il parvient à prendre mon sexe presqu’en entier. Tout mon corps se tend et ma tête se cogne à nouveau contre le mur. Je ne peux pas croire qu’il me fasse un truc pareil ! Sur le point de me faire perdre la tête, Hugo stoppe de nouveau.

— Tu veux que je m’arrête ?

Est-ce qu’il me pose vraiment cette question ? Ma main le cherche dans l’espace, et tente de le ramener vers moi :

— Continue ! le supplié-je.

Je replonge entre ses lèvres, m’abandonne à ses coups de langue et à cette bouche qui se fait aussi vorace qu’elle l’était sur mes lèvres. Ses mains caressent mon ventre, remontent sur mon torse, et je m’accroche à l’une d’elle pendant que je sens l’orgasme qui grimpe.

— Hugo, je ne pourrai pas… tenir…

Sa bouche se fait plus empressée, déterminée à me jeter dans un gouffre. Et autant je crains ce qui s’amène, autant je ne résiste pas à jouir. Et fort. Putain que ça m’excite !

— Attention, je vais…

Mes doigts s’accrochent à son épaule, mais je ne le repousse pas, trop occupé à retenir mon cri qui fuse pendant que mon sperme gicle. Hugo reste là, à mes genoux, et il continue de me sucer. Ses gestes se font plus doux, et je remarque que ses mains sont bien accrochées à mes fesses. Je me détends, si bien dans l’instant. Pour rien au monde je ne voudrais être ailleurs…


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