18

Belle

— Tu vas m’attacher avec ça ? demanda-t-elle en me montrant les menottes en métal.

— Oui, confirmai-je en déposant le fouet sur l’établi. Je crois que ça ajoutera un peu de piquant à cet essai.

Pendant qu’elle glissa un poignet entre les serres de métal, je remarquai qu’elle frissonna. Était-ce de froid ?

— Un problème ? vérifiai-je en me postant près d’elle.

— Non, je… tu peux… fermer ?

J’emprisonnai son poignet droit dans une serre en métal et elle s’étendit à plat-ventre pendant que je contournais la table pour fermer la seconde menotte. Dès que le clic se fit entendre, elle avoua :

— Ça, c’est… très troublant.

— Les attaches ? demandai-je, incertain.

— Oui. Je sais que… tu m’as déjà coincée, mais…

Elle chercha mon regard avant d’ajouter :

— On dirait que ça rend les choses plus concrètes.

Un rire nerveux s’échappa de ses lèvres et elle poursuivit :

— Tu te rends compte que je suis… totalement à ta merci ?

Je souris et je caressai son visage du bout des doigts.

— Ta confiance m’honore Émeraude, mais n’oublie jamais que tu peux tout arrêter. À n’importe quel moment.

Le souffle court, elle hocha la tête.

— Je sais.

Elle força la note pour retrouver un visage plus serein, puis fit mine de railler :

— Maintenant que je suis coincée, qu’est-ce que tu attends pour t’amuser ?

Touché par ses mots, et par sa façon de lâcher prise, je rigolai avant venir m’occuper de la disposition de la table. Les panneaux étaient plutôt simples à bouger, et certains angles m’offraient une vision magnifique sur le cul d’Emmy. Lorsque je déplaçai son pied, elle sursauta, surtout lorsque je ramenai ses jambes vers l’avant pour l’écarteler de façon indécente.

— Tu es sérieux, là ? vérifia-t-elle.

— Pourquoi pas ? Ton corps est souple, constatai-je en attachant une première cheville. Ça ne risque pas de te déranger plus qu’il n’en faut.

Ainsi, elle semblait à califourchon sur une moto dont le banc était beaucoup trop large, mais c’était absolument parfait pour ce que je m’apprêtais à faire. Passant une main lourde sur son cul, dont cette position écartait ses fesses, je descendis effleurer son clitoris avant de taquiner l’entrée de son sexe avec le bout de mes doigts.

— Voilà qui sera bien pratique quand je voudrai te faire jouir.

Son corps se raidit sous ma caresse furtive et j’eus la sensation que la tension grimpa dans la pièce lorsque j’emprisonnai sa seconde cheville. Quand je me redressai, ma gorge se noua devant la posture d’Émeraude : elle était sous mon joug. Complètement mienne. Les mains moites, j’allai défaire le chignon qui retenait ses cheveux sur sa tête en expliquant mon geste :

— Peut-être que je te tirerai les cheveux, aussi…

— Oui, je… ce serait bien, accepta-t-elle, visiblement allumée par ce que je m’apprêtais à faire.

Quand je déposai l’espèce de barrette qui retenait ses cheveux sur l’établi, je repris possession du fouet et ce sentiment de puissance me gagna de nouveau. Il fallait que je me calme. Ce n’était qu’un jouet, après tout, même s’il était hautement excitant. Pour retrouver ma concentration, j’imitai les gestes d’Emmy, un peu plus tôt, et je passai mes doigts entre les lanières de cuir, comme s’il s’agissait de cheveux. Quand ma respiration retrouva un rythme plus posé, je pivotai pour contempler le corps d’Émeraude, et nos regards se croisèrent.

— J’ai l’impression de rêver, admis-je.

Un sourire tendu s’inscrivit sur ses lèvres.

— Je suis contente d’être dans ton rêve.

Je me penchai vers elle pour que nos yeux soient à la même hauteur avant de lui confier :

— Tu es plus qu’un rêve pour moi, Emmy : tu es… une véritable inspiration.

Mes paroles égayèrent ses traits et un sourire plus franc modela ses lèvres.

— Et si tu me montrais à quoi ressemble ce rêve ?

Rassuré par ses paroles, je me relevai et allai me poster derrière elle. J’aurais pu la faire jouir dès le départ, juste pour dissiper ses craintes et lui montrer que j’étais tout disposé à m’occuper d’elle, mais je voulais la faire languir. J’espérais même qu’elle me supplie de lui accorder l’orgasme…

Lentement, je fis glisser les lanières de cuir sur son dos, puis entre ses fesses, toujours aussi obsédé par son anneau de chair qui sembla frémir au contact du fouet. Remontant vers sa nuque, je demandai :

— Ainsi… je n’ai plus à me soucier des marques ?

— Je… non, je… ça devrait… aller.

Le tremblement de sa voix m’inquiéta et je profitai de la peur que j’y décelais pour frapper doucement son dos. Sa respiration s’emballa, puis se calma presque aussitôt. Mon coup suivant fut plus corsé et je renchéris avec un troisième que je fis tomber derrière ses cuisses. Là, Emmy sursauta et je vérifiai aussitôt ce que signifiait sa réaction.

— Trop fort ?

— Non, c’est… ça surprend, c’est tout.

Je souris, puis je recommençai : sur son cul, sur son dos, derrière ses cuisses, comme un cycle constant. Bercé par le bruit du fouet, j’augmentai la dose quand Emmy lâcha un gémissement de douleur. Je m’arrêtai brusquement, inquiet. Combien de fois avais-je frappé ? Aurais-je dû compter ? Ma respiration faisait un bruit terrible et je dus expirer par la bouche pour pouvoir retrouver l’usage de ma voix.

— Tu veux que je m’arrête ? demandai-je en me positionnant pour voir son visage.

— Non, dit-elle sans la moindre hésitation.

D’une main lourde, j’effleurai la peau de ses fesses, là où elle me paraissait plus rougie, et la chaleur de sa peau irradia mes doigts.

— C’est douloureux ? questionnai-je.

— Parfois, répondit-elle, mais je sais que je peux en prendre davantage.

Au lieu de poursuivre, j’allai déposer le fouet sur l’établi et je récupérai un petit objet que j’avais déjà vu sur le net : un paddle en bois, très long, sur lequel une mosaïque texturée avait été gravée sur la surface plane. Une fois dans ma main, j’appréciai la fermeté du matériau et je montrai l’objet à Emmy.

— Ça te plaît pour la suite ?

— Si tu veux, dit-elle avec un sourire amusé.

Je laissai un rire filtrer.

— Ma parole, on dirait que tu commences à apprécier nos petits jeux…

Sur la table, elle fit mine de bouger, mais seulement ses fesses arrivèrent à se déplacer de gauche à droite.

— J’ai surtout hâte que tu me fasses gueuler de plaisir, avoua-t-elle.

Je posai une main sur son cul pour l’immobiliser avant de souffler :

— D’abord, je voudrais tester tes limites.

La légèreté dont venait de faire preuve Emmy s’envola et je perçus une modulation dans sa respiration.

— J’aimerais bien te voir passer… d’un extrême à un autre, finis-je par lui confier. Mais on peut aussi y aller progressivement.

— Non, je… je veux bien qu’on essaie.

Charmé par sa réaction, je retournai me positionner derrière elle en évaluant l’endroit où devait atterrir mon prochain coup. Sur un ton empreint de promesse, je dis :

— Profite. Après, je te ferai hurler de plaisir.

Son corps se laissa choir sur la table et j’en déduisis qu’elle était prête. Je m’élançai pour claquer sa fesse à l’aide de mon nouveau jouet. Le bruit résonna en force et la réaction d’Emmy ne se fit pas attendre : elle lâcha un petit cri étouffé. Pour ma part, même si j’étais en érection depuis de longues minutes, voilà que mon excitation se décupla. Le bois résonnait agréablement sur ses fesses et sa précision me plaisait beaucoup. Je recommençai derrière les cuisses d’Émeraude, deux fois, jusqu’à ce qu’elle geigne de douleur. Le souffle court, je cessai de bouger avant de m’enquérir :

— Un peu plus ?

— Sur le cul, oui.

Sa précision me fit sourire. Parce qu’elle croyait qu’elle pouvait choisir ? Aussitôt, je claquai à nouveau derrière ses cuisses et, plus doucement, le bas de son dos. Elle grogna avant de se mettre à bouger ses fesses sous mon nez. Sans réfléchir, je les frappai rudement.

— Oui ! hoqueta-t-elle.

C’était une prière étranglée, et je m’immobilisai pour observer sa peau tendue, toujours aussi offerte à mes soins. Je passai une main douce sur son cul, la vis frissonner. À peine mes doigts effleurèrent son sexe qu’elle lâcha un râle impatient. Mon cœur se serra dans ma poitrine. C’était de toute beauté. Je la sentais aussi forte que fragile dans cette attente.

— Matt ! me supplia-t-elle.

Je ne fus pas certain de ce qu’elle espérait : un coup ou des caresses ? Pour ma part, je commençais à avoir du mal à réfléchir. Retenant ma respiration, je la frappai de nouveau, plus bas, et un peu moins fort vu la proximité de mon jouet avec son sexe. Elle sursauta sur la table et j’eus la sensation de l’avoir électrocutée.

— Pardon, je…

— Encore ! exigea-t-elle.

Quoi ? C’était un sursaut de plaisir ? Ma main répondit en se hissant dans les airs. Un coup résonna, assourdissant, puis je redescendis vers son sexe. Émeraude se tortilla sur la table et se mit à gémir, puis à jouir dans un chant. Mon cerveau disjoncta. Je laissai tomber le paddle sur le sol et je touchai son sexe du bout des doigts. Son humidité me permit de la pénétrer doucement et la voix d’Emmy résonna dans la pièce :

— Oh… Matt !

Malgré les sanglots que je percevais au-travers ses mots, je poussai mes doigts plus loin, incapable de détacher mon regard de la vague qu’elle créait avec son dos. Son cul était rayé, rouge, mais elle réagissait à chacun de mes mouvements avec une intensité incroyable. Un couinement étranglé se fit entendre, puis dès que je replongeai mes doigts en elle, Emmy se mit à jouir, fort, et longtemps. Plus je la pénétrais, plus elle gueulait. Et moi, je continuais de la faire hurler, la bouche ouverte, comme si je n’avais rien à voir avec ce qui se produisait dans cette salle. Quand elle laissa sa tête retomber, je repris possession de ma main, excité, certes, mais dans un état second.

— C’était…

La voix d’Émeraude se brisa dans un sanglot et je repris subitement possession de mes moyens. J’allai me poster près d’elle et posai une main poisseuse sur sa joue pour l’obliger à ouvrir les yeux.

— Emmy ?

Elle me chercha du regard avant de renifler. Des larmes s’échappaient de ses yeux et son maquillage avait coulé. Et pourtant, jamais elle ne m’avait paru plus belle qu’en cet instant.


Extrait de Rougeurs exquises

En attente de sa fin

 

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